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Women on Boards: regulation or transformation?
Langue(s) de l'événement
Anglais
Tarif : Rapport téléchargeable gratuitement.
S'inscrireLe rapport analyse la manière dont la directive « Women on Boards » s’inscrit dans le contexte polonais à un moment de profonde transition culturelle.

Le rapport analyse la manière dont la directive « Women on Boards » s’inscrit dans le contexte polonais à un moment de profonde transition culturelle. Il soutient que la Pologne connaît des changements simultanés dans la façon dont la société comprend le travail, le leadership, les rôles familiaux et les attentes liées au genre. Dans cet environnement, des solutions juridiques telles que la directive européenne peuvent agir non seulement comme instruments de régulation, mais aussi comme catalyseurs de modernisation — à condition d’être bien communiquées et ancrées dans des pratiques organisationnelles réelles.
Un fort soutien à l’égalité mais une faible compréhension systémique
Le soutien public aux quotas de genre est élevé chez les femmes (47,5%) comme chez les hommes (35,5%). Cela montre que les Polonais acceptent largement l’égalité de genre comme valeur et comme direction de changement. Pourtant, seuls 27,4% des répondants ont déjà entendu parler de la directive « Women on Boards ». Ce décalage révèle un important déficit de communication : l’égalité est socialement approuvée, mais les outils destinés à la mettre en œuvre demeurent méconnus. L’idée d’un leadership équilibré entre les genres est donc familière et validée, tandis que le mécanisme qui doit la rendre possible reste en dehors de la conscience publique quotidienne et n’est pas intégré à la culture du travail. Le rapport insiste : sans communication adéquate, la régulation ne peut produire de changement réel.L’égalité perçue comme un processus coopératif, pas comme un champ de bataille idéologique
L’un des constats majeurs est que ni les femmes ni les hommes ne voient les enjeux d’égalité comme intrinsèquement conflictuels. Les deux groupes les conçoivent plutôt comme des défis appelant collaboration et empathie. Les femmes considèrent les quotas comme un outil potentiel d’autonomisation — à condition que les organisations créent une culture permettant d’articuler ambition professionnelle et vie familiale. Les hommes expriment de plus en plus le souhait de redéfinir leurs propres rôles : 59% déclarent vouloir s’impliquer davantage dans la vie familiale, bien qu’ils n’aient pas été socialisés en ce sens. Le rapport souligne que l’égalité réelle n’est pas atteignable sans reconnaître l’évolution des besoins et des pressions pesant sur les hommes. L’égalité devient un projet partagé, et non un jeu à somme nulle.Une transformation rapide de la paternité et des rôles familiaux
Le rapport apporte un éclairage sociologique important : en Pologne, la maternité comme la paternité sont en mutation. Le fait d’être parent est central pour la satisfaction de vie des deux sexes (87,9% des femmes, 70,2% des hommes). Les jeunes générations d’hommes (25–44 ans) manifestent une ouverture sans précédent à un partage flexible des tâches domestiques et à une paternité active. Les hommes plus âgés évoquent souvent des regrets liés au manque de temps passé avec leurs enfants, suggérant l’amorce d’un basculement de valeurs entre générations. Ces éléments inscrivent la directive dans une dynamique culturelle plus large : la société attend des modèles de travail et de leadership permettant une pleine participation à la vie familiale, quel que soit le genre.Les femmes font toujours face à des barrières structurelles et perçoivent souvent la directive comme lointaine
Plus de la moitié des femmes ne savent pas si la directive les concerne. Cela reflète : une communication insuffisante sur l’importance de la directive, un manque de clarté quant à ses effets sur les perspectives de carrière, la persistance de stéréotypes et d’expériences de discrimination, notamment chez les générations plus âgées. Les femmes indiquent qu’elles ont besoin non seulement d’informations réglementaires, mais d’un récit clair des bénéfices : parcours de promotion transparents, leadership soutenant, indépendance financière et bien-être au travail.La connaissance de la directive varie fortement selon les secteurs
Dans chaque secteur, au moins 40% des femmes répondent : « je ne sais pas si la directive s’applique à moi ». Pour la majorité des salariés, la directive existe donc comme une idée abstraite, décrochée du quotidien professionnel. Des écarts apparaissent néanmoins : la sensibilisation est plus élevée dans l’IT, le conseil et la finance — secteurs plus exposés à des standards globaux et dotés de cultures organisationnelles plus mûres. Elle est plus faible dans la production et les secteurs traditionnels, où la transformation culturelle est plus lente. Cela implique qu’une mise en œuvre efficace requiert une pédagogie spécifique par secteur, et non un message unique. Les entreprises doivent traduire la directive en enjeux concrets pour leur industrie.La représentation compte : un impact symbolique puissant
La majorité des femmes (75%) et une proportion importante d’hommes (59%) estiment que la visibilité des femmes aux plus hauts niveaux de direction inspire les jeunes générations, transforme l’image mentale du leadership et normalise une prise de décision équilibrée entre les genres. Parmi les 18–24 ans, 59% jugent cette représentation directement motivante. Cela montre que la directive peut agir comme accélérateur culturel, influençant les aspirations bien avant de modifier les statistiques de représentation.La pression masculine : un facteur caché mais central
Un résultat marquant est l’asymétrie entre la pression ressentie par les hommes et la manière dont les femmes la perçoivent. 51% des hommes déclarent subir une forte pression sociale et professionnelle, tandis que seules 38% des femmes reconnaissent que les hommes en font l’expérience. Chez les hommes de 25–34 ans, ce sentiment atteint 70%. Ce décalage suggère que les difficultés masculines sont souvent invisibles — même pour les femmes — et rarement exprimées, en raison de normes sociales décourageant l’ouverture émotionnelle. Le rapport affirme que les politiques d’égalité doivent intégrer la réalité émotionnelle et sociale des hommes, en favorisant un meilleur équilibre vie professionnelle-vie privée, une permission culturelle de vulnérabilité et le partage des rôles de care. À cette condition seulement, l’égalité peut devenir une transformation réellement partagée.Les forces du marché ne suffisent pas à éliminer les inégalités
Malgré les progrès, les inégalités structurelles persistent : les femmes sont moins souvent promues, doutent davantage de leurs compétences et voient leurs styles de leadership moins valorisés. Le rapport conclut donc à la nécessité d’une intervention politique et organisationnelle. Les quotas ne doivent pas être perçus comme une égalisation forcée, mais comme une correction des biais systémiques, un outil temporaire déclenchant des changements culturels de long terme et un mécanisme de modernisation. De nombreux leaders interrogés soulignent qu’un leadership diversifié en termes de genre conduit à de meilleures décisions, une résilience accrue, des standards éthiques renforcés et une durabilité à long terme.
Argument final : la directive doit devenir un outil de transformation, pas une simple case à cocher.
La thèse centrale du rapport est que la directive « Women on Boards » ne sera efficace que si elle est utilisée de manière stratégique pour repenser le leadership, les processus RH et la culture du travail. Elle échouera si elle est traitée comme une obligation de conformité. Elle réussira si elle sert à moderniser les organisations, créer des opportunités égales de développement, reconnaître l’évolution des rôles de genre, bâtir des modèles plus sains de leadership et de vie familiale, et soutenir à la fois les femmes et les hommes. La régulation seule ne change pas la culture ; mais la régulation combinée à une conscience culturelle, une communication adaptée et une refonte organisationnelle peut façonner l’avenir du travail et de la société.