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Le ministère des Actifs de l'État a soumis le projet de programme gouvernemental relatif à la transformation du secteur électro énergétique polonais à la Chancellerie du Premier ministre pour inscription au programme de travail du Conseil

Il porte sur la création de l'Agence nationale de sécurité énergétique (NABE), une entité où seront transférés les actifs houillers de PGE, Enea et Tauron (après avoir été préalablement séparés). Le Ministre des actifs, à part une courte description du processus, n'a pas encore publié l'intégralité du document. L’agence serait basée sur PGE Górnictwo i Energetyka (GiEK), la plus grande filiale de PGE, responsable de 29 % de l'EBITDA du groupe PGE et de 33 % de la production d'électricité en Pologne. La création de la nouvelle agence sera précédée d'une réorganisation interne de PGE, Tauron et Enea. La NABE gérera à terme 70 unités de production au charbon d'une capacité totale de 22,7 GW. En 2020, ces unités étaient responsables de 55% de l'électricité produite en Pologne. L'agence ne construira pas de nouveaux blocs, sa tâche consistera uniquement à entretenir ceux qui existent déjà. NABE sera également chargée de fermer progressivement les anciennes unités alimentées au charbon au fur et à mesure de la construction de nouvelles sources à faibles émissions et d'installations d'énergie renouvelable. L’agence gagnera de l'argent en vendant de l'électricité et devrait être autosuffisante économiquement. Le gouvernement n'a pas révélé comment il compte répartir les dettes des centrales ni quel modèle de soutien sera adopté (elles ne pourront pas survivre sur le marché sans aide). Le gouvernement a renoncé pour l'instant à la consolidation de PGE, Tauron et Enea en raison de la résistance des syndicats à ce projet à ce stade. NABE doit être créée en 2022, soit un an plus tard que prévu. La nouvelle agence emploiera un total de 32 200 personnes, dont 25 700, proviendront de PGE, 3 500 de Tauron et 3 000 d'Enea. Le projet est ouvertement critiqué par Greenpeace et ClientEarth. Greenpeace dénonce le projet qui selon lui viserait l’allocation d'énormes subventions pour maintenir les centrales électriques au charbon. « Le transfert des actifs houillers à une nouvelle entité publique risque de prolonger artificiellement la durée de vie de centrales électriques au charbon non rentables, aux frais des contribuables. La recapitalisation des entreprises électriques par le Trésor public est une aide d'État qui doit être approuvée par la Commission européenne. Il est peu probable que cela se produise face à un renforcement de la politique de l'UE qui accorde la priorité au climat », a déclaré le représentent de ClientEarth. Selon les analystes d'Instrat, même avec des hypothèses extrêmement optimistes, NABE générera plus de 6,8 Md€ de pertes d'ici 2040

Service économique régional

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