La Chambre

Une Europe souveraine et sûre au cœur de la coopération franco-polonaise – débat de la CCIFP à l’EKG de Katowice

Le panel consacré à la coopération franco-polonaise a montré que les deux pays disposent aujourd’hui de bases particulièrement solides.

Le panel consacré à la coopération franco-polonaise a montré que les deux pays disposent aujourd’hui de bases particulièrement solides pour construire ensemble l’avenir de l’Europe. Les échanges se sont concentrés sur des domaines clés du partenariat – énergie, numérisation, défense et industrie – avec un constat partagé : la nécessité d’une coopération stratégique de long terme, fondée sur la confiance, l’investissement et une vision commune du développement.

L’Ambassadeur de France a souligné que les relations franco-polonaises n’ont jamais été aussi bonnes. Il a rappelé que la France est un investisseur majeur en Pologne et que les échanges commerciaux continuent de croître. Parmi les piliers de ce partenariat, il a cité la numérisation, l’énergie, la culture et le patrimoine commun. Il a également insisté sur la volonté de la France d’être perçue comme un partenaire stable et fiable, soulignant que les deux pays, en tant que grandes nations européennes, ont à la fois le potentiel et la responsabilité de coopérer pour construire l’avenir du continent.

Les représentants du monde économique ont mis en avant le caractère stratégique et durable de ce partenariat. Des entreprises comme TotalEnergies et Airbus ont été citées comme exemples d’un engagement de long terme en Pologne, non pas comme simple marché, mais comme partenaire de développement. Sophie Sidos, Présidente de CCE, a rappelé que les entreprises françaises sont présentes dans pratiquement tous les secteurs de l’économie polonaise, et que la Pologne constitue pour la France un partenaire dynamique et porteur de perspectives.

La numérisation a constitué un axe important des discussions. Adam Ponichtera, Managing Director de Data4 en Pologne, a souligné que le développement du secteur numérique est aujourd’hui un levier clé de coopération, tout en nécessitant des capacités énergétiques suffisantes pour alimenter les centres de données. Il a également mis en avant l’importance croissante des technologies « dual use », à la fois civiles et militaires, dans le contexte du renforcement de la sécurité européenne. Selon lui, l’Europe devient progressivement « le premier continent dans le cloud », où les systèmes numériques fonctionnent de plus en plus au-delà des frontières physiques des États.

Les échanges ont également mis en évidence l’évolution de la position de la Pologne dans les relations économiques avec la France. Tadeusz Nowicki (Konfederacja Lewiatan) a souligné que la Pologne n’est plus uniquement un site d’assemblage industriel, et que son niveau de productivité dépend désormais des secteurs. Cela traduit une montée en gamme dans les chaînes de valeur, avec une capacité accrue à co-créer des projets industriels et technologiques avancés.

La question de l’énergie et de la transition énergétique a occupé une place centrale. Olivier Jouny, Senior Vice President Renewables chez TotalEnergies, a confirmé la volonté du groupe de poursuivre ses investissements en Pologne dans les énergies renouvelables et le biogaz, avec pour objectif notamment de réduire les coûts de l’énergie. Les discussions ont souligné que la transition énergétique doit aller de pair avec le renforcement de la compétitivité économique et de la sécurité énergétique.

La coopération industrielle et de défense a également été largement abordée. Jan Grabowski, vice-président de PGZ, a rappelé les 40 ans de coopération entre la Pologne et la France dans le domaine militaire, illustrés notamment par les partenariats entre Radwar et Thales dans les systèmes radar, la collaboration avec EURENCO pour la production de poudre, la présence de Safran en Pologne ou encore la coopération avec Thales sur les systèmes de gestion de combat pour les frégates. Il a souligné que le développement de l’industrie de défense européenne nécessite une coopération étroite, certains domaines ne permettant pas d’atteindre seuls une masse critique suffisante. Ce constat a été partagé par Johan Pelissier, Président Europe chez Airbus, qui a insisté sur la nécessité de concilier ambitions climatiques, compétitivité et souveraineté à travers une coopération renforcée entre États européens.

Enfin, Olivier Degand, Country Leader de Forvis Mazars en Pologne, a rappelé que le traité de Nancy offre un cadre commun à la coopération franco-polonaise, mais qu’il convient désormais de le traduire en actions concrètes. Il a également souligné, en s’appuyant sur le Baromètre C-suite 2026 de Forvis Mazars, que les entreprises s’adaptent aux transformations en investissant dans les technologies et les talents, tout en redéfinissant leurs stratégies.

L’ensemble du débat a mis en évidence que le partenariat franco-polonais dépasse aujourd’hui la seule dimension économique pour revêtir une portée stratégique. Sa force repose sur la présence durable des investisseurs, le développement de coopérations dans des secteurs clés et une conviction partagée : l’avenir de l’Europe doit s’appuyer sur la souveraineté, la compétitivité et la coopération.

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