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Mazars pour "Gazeta Finansowa"
L'interview de Michel Kiviatkowski - Partenaire Dirigeant du Mazars pour "Gazeta Finansowa".
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Arrive-t-il souvent que les sociétés cotées dissimulent ses mauvais résultats ? En quoi consiste le rôle d’un cabinet d’audit dans cette matière-la ?
Le groupe Mazars audite aujourd’hui 402 sociétés cotées dans le monde dont 281 en Europe et réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires, 750 million d’euro pour l’exercice 2008 dans l’audit de grandes sociétés internationales cotées.
Bien entendu, dans ce contexte d’intervention les opinions émises sur les états financiers font quelques états de réserve ou de commentaires spécifiques ? des situations anormales.
Ces situations sont malgré tout exceptionnelles, elles reflètent souvent les attitudes ou la comptabilité échappe ? une logique de transparence.
L’auditeur a un rôle dans la prévention. Par exemple, le groupe Mazars ? une politique rigoureuse d’acceptation des clients, diminuant des situations ou des conditions d’intervention anormales. De plus, la méthodologie d’audit et les périodicités d’intervention chez nos clients permettent d’anticiper des difficultés avec la mise en place des procédures d’alerte.
L’objectif est de pouvoir anticiper des problèmes et les faire connaître. Nous sommes toujours dans une logique de transparence.
De quels outils peuvent se servir les auditeurs pour identifier toutes les pertes ?
La différence entre les charges et les produits constitue les résultats de l’entreprise. Ces résultats différent des flux de trésorerie par les ? accruals ? (profit = cash flow +accruals).
Les flux de trésorerie étant plus logiquement considérés comme inaltérables, toute la difficulté est d’auditer les ? accruals ?. S’il y a ? gestion des résultats ? effectuée par les dirigeants, elle passe le plus souvent par les ? accruals ?. L’auditeur vérifie la relation normale de ces accruals avec le niveau d’activité et les référentiels comptables retenus.
Les sociétés utilisent souvent ? window dressing ? dans ses rapports pour embellir ses états financiers. Qu’est-ce qui devrait attirer l’attention d’un investisseur lors de la lecture des états financiers des sociétés ?
Un certain nombre des choix comptables sont laissés aux dirigeants des entreprises, on peut sensiblement surévaluer des actifs, sous-évaluer des dettes par ces choix. Le rôle de l’auditeur est de commenter et de valider ces choix.
Je conseillerais ? des investisseurs , bien entendu après avoir analysé l’intérêt stratégique d’investir dans un secteur d’activité donné, d’apprécier les états financiers d’une société sur plusieurs exercices et de se faire une idée sur la transparence des informations justifiants leurs évolution.
Cette transparence, comme évoqué précédemment, peut quelques fois résulter d’intérêts divergents, certains dirigeants ont un concept de la comptabilité au service de la transparence, et d’autres au service d’un instrument pouvant satisfaire d’autres intérêts.
De plus, j’invite les investisseurs de s’intéresser aux auditeurs. Les Directives européennes obligent aujourd’hui les firmes d’audit ? plus de transparence. Les directives seront très prochainement applicables en Pologne (loi du 12 mai 2009). Les investisseurs auront la possibilité de mieux connaître les auditeurs.
Je voudrais sensibiliser les investisseurs sur les risques et la problématique de la rotation des cabinets d’audit sur la même société. Une présence trop longue est une interrogation sur l’indépendance de l’auditeur mais une rotation trop rapide est une interrogation sur la transparence et la capacité d’une société ? être auditée.
Quelle est l’évolution des professionnels de l’audit dans le contexte de l’application de la nouvelle directive européenne ?
Un premier objectif est la prise en conscience d’améliorer la transparence des cabinets d’audit. Aujourd’hui un grand nombre de cabinets d’audit indépendants se présentent avec des marques internationales qui trompent le public. En effet, des cabinets indépendants n’ayant pas de liens juridiques, pas de responsabilité partagée, pas d’états financiers consolidés et dans bien des cas pas de méthodes d’audit harmonisées se présentent sous forme des réseaux internationaux pour auditer des clients internationaux.
L’évolution des besoins dans l’audit des groupes internationaux cotés où les flux financiers ne s’arrêtent pas aux frontières des pays, rendent nécessaires un rôle d’auditeur avec des méthodes de contrôle, des engagements et des responsabilités qui ne s’arrêtent pas non plus aux frontières des pays.
Les big four ne sont pas non plus épargnés par cette évolution sur la transparence des cabinets. Bien entendu, ces organisations par le volume d’affaires traitées sur le plan international, ont une compétence reconnue pour traiter les clients internationaux mais ces firmes aujourd’hui ne publient pas leurs comptes et ne sont pas transparentes sur leur organisation et leur responsabilité partagée.
Mazars depuis 1995 a pris l’initiative d’évoluer sous forme d’un groupe intégré. Mazars est un seul groupe ? avoir publié ses comptes consolidés selon les normes IFRS et audités, en y ajoutant tous les éléments relatifs ? la transparence.
L’application de cette Directive dans le contexte international oblige progressivement les auditeurs ? un positionnement. Des auditeurs préféreront rester indépendants et se concentreront sur une clientèle locale, d’autres évolueront vers des groupes de sociétés d’audit intégrés pour s’engager et pleinement servir la clientèle cotée et internationale.