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Le secteur de l’Energie
<p style="text-align: justify;">Le secteur de l’Energie est marqué ce mois-ci par : (i) l’annonce des travaux sur l’instauration en Pologne du marché de capacités, (ii) les investissements annoncés des principaux groupes gaziers et pétroliers dans les années à venir, (iii) l’annonce de la non reconduction du contrat long terme avec Gazprom après 2022 (iv) l’arrivée au terminal méthanier de Swinoujście de la première livraison commerciale de GNL et (v) la réactivation possible des projets de construction de centrales électriques à charbon « Ostrołęka » et « Czeczott ».</p>
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Politique énergétique
- Le Ministre de l’énergie, M. Krzysztof Tchórzewski, a annoncé le démarrage des travaux sur la préparation de la législation introduisant en Pologne le marché de capacités. Le projet de loi en la matière devrait être prêt avant la fin de cette année.
Charbon
- Au cours du 1er trimestre 2016, les ventes de charbon se sont soldées par une perte de 116 M EUR principalement en raison de la baisse du prix de charbon (- 16% par rapport au premier trimestre 2015). La production de houille a atteint 17,4 millions de tonnes et les ventes – 17 millions de tonnes. L’endettement du secteur s’élève ? environ 3 Mds EUR. Fin mars 2016, le secteur charbonnier employait 88 200 personnes dans ses 28 mines actives.
- Après la création de la société PGG en remplacement de la Kompania Węglowa, les autorités polonaises travaillent sur le programme de restructuration de la société charbonnière KHW (Holding Charbonnière de Katowice). Cette société qui exploite 4 mines de houille et emploie 14 000 personnes a enregistré en 2015 une perte nette de plus de 55 M EUR et son endettement s’élève ? environ 685 M EUR. Selon le Ministère de l’énergie c’est la société Węglokoks qui devrait jouer un rôle clé dans ce programme de restructuration avec une participation financière du groupe énergétique Enea.
Electricité
- L’électricien Energa, sous pression des autorités polonaise, a décidé de réactiver le projet de construction d’un bloc ? charbon de 1000 MW dans sa centrale d’Ostrołeka. Ce projet a été suspendu en 2012, jugé non rentable. Aujourd’hui Energa va chercher un investisseur ou un co-investisseur, dont la présence semble nécessaire pour préparer le montage financier de ce projet. Par ailleurs, le Ministère de l’énergie a annoncé la réactivation possible du projet de construction de la centrale électrique Czeczott près de Pszczyna (1000 MW ? charbon), suspendu ? l’époque par l’ancienne société charbonnière Kompania Węglowa (actuellement devenue PGG).
- La presse polonaise suit avec attention la mise en vente des actifs d’EDF-Polska. Ainsi le groupe tchèque CEZ aurait envoyé ? la société EDF Polska une offre préliminaire d’achat des unités de production de chaleur et de réseaux de distribution de chaleur que le groupe Français détient en Pologne. Le groupe polonais Eneris Sarl, spécialisé dans la protection de l’environnement, a déclaré son intérêt pour la reprise de la totalité des actifs mis en vente par EDF Polska. Le tchèque EPH, propriétaire de la mise Silesia en Pologne, serait intéressé par la centrale électrique de Rybnik, alors que PGNiG Termika serait intéressé par certaines unités de production de chaleur.
- A l’occasion du vote de la loi sur les ENR, le Parlement a amendé la législation sur les contrats énergétiques long terme pour augmenter la taxe dite ? transitoire ?. Cette taxe est payée chaque mois par les consommateurs finaux d’électricité afin de compenser aux groupes énergétiques leurs pertes subies suite ? la nécessité de résilier les contrats long terme après l’adhésion de la Pologne ? l’UE. Les autorités polonaises estiment que l’excédent des moyens financiers collectés grâce ? l’augmentation du montant de la taxe transitoire pourrait être investi dans les certificats d’investissement qui seraient une source complémentaire de capital pour les groupes énergétiques qui réalisent d’importants programmes d’investissement. L’augmentation de la taxe transitoire augmenterait les factures des ménages d’environ 24 EUR/an.
- Selon les experts du think-tank WiseEuropa et du Forum d’Analyses Energétiques, les revenus provenant des enchères de quotas CO2 de l’enveloppe nationale de droits ETS peuvent devenir, sur la période 2020-2030, la plus grande source de financement de la modernisation du secteur de l’énergie. En fonction du prix des droits ? l’émission, la Pologne pourrait obtenir des enchères entre 10 et 25 Mds EUR. Par ailleurs, la Pologne disposera de deux autres instruments de soutien ? la transition vers l’énergie bas carbone : dérogations pour le secteur de l’énergie (5-10 Mds EUR) et Fonds de Modernisation (2-5 Mds EUR).
- L’Estonie accuse la Pologne de limiter les importations d’électricité par le biais du pont énergétique polono-lituanien LitPol Link. Le gestionnaire polonais du réseau de transport d’électricité, société PSE, explique qu’effectivement elle bloque l’interconnecteur la nuit, car les importations d’électricité, lorsque les gens dorment et les usines ne travaillent pas, peuvent déstabiliser le système national. En vérité il s’agit de favoriser les producteurs nationaux au détriment d’importations d’électricité meilleur marché qui affluent en Pologne depuis la Suède par la Lituanie par un câble sous-marin reliant les deux pays.
- Le groupe finlandais Fortum Power and Heat Polska a annoncé que ses investissements en Silésie coûteraient environ 250 M EUR. Le plus gros montant, près de 200 M EUR, est destiné ? la construction d’une nouvelle centrale en cogénération ? Zabrze et d’un tronçon du réseau de chaleur de 10 km reliant la nouvelle centrale ? la ville de Bytom.
- EDF-Polska est en train de finir la réalisation de son programme ayant pour objectif l’adaptation de ses blocs énergétiques aux nouvelles normes de protection de l’air et l’amélioration de leur efficacité. Les travaux de modernisation ont eu lieu dans les centrales de Rybnik, Wrocław, Cracovie, Gdańsk et Gdynia. Le coût du programme s’élève ? environ 750 M EUR.
Gaz et pétrole
- 5 principaux groupes polonais du secteur gaz et pétrole envisagent d’investir près de 15 Mds EUR au cours des prochaines années. Le groupe PGNiG envisage sur la période 2014- 2022 d’investir annuellement environ 1,3 Md EUR. Le gestionnaire du réseau de transport de gaz, Gaz-System, dépensera sur la période 2016-2025 environ 2,3 Mds EUR. La stratégie du groupe pétrolier Orlen pour la période 2014-2017 prévoit des investissements de l’ordre de 2,5 Mds EUR pour la construction de nouvelles installations de raffinage et de blocs énergétiques ? gaz. Le groupe pétrolier Lotos se dotera de nouvelles installations pour les gisements profonds de pétrole moyennant 500 M EUR, alors que le gestionnaire des oléoducs, PERN, réalisera l’extension du terminal pétrolier de Gdańsk moyennant 100 M EUR. Il s’apprête aussi ? construire de nouveaux réservoirs de pétrole et, éventuellement, ? contribuer ? la construction de l’oléoduc Odessa-Brody-Płock.
- M. Piotr Naimski, plénipotentiaire du gouvernement pour l’infrastructure énergétique considère que la Pologne devrait procéder ? l’extension du terminal GNL de Swinoujście et développer au maximum les interconnecteurs gaziers avec ses voisins. Il cite comme priorité la construction de Baltic Pipe qui doit relier la Pologne au Danemark et ensuite aux gisements norvégiens. M. Naimski a aussi annoncé que la Pologne n’envisageait pas de renouveler le contrat qui la lie avec le russe Gazprom et qui expire en 2022. Il n’exclut pas d’achats de gaz en provenance de la Russie, mais ce seraient des contrats ponctuels, en fonction du prix offert par Gazprom.
- La presse polonaise déplore que le projet de renforcer la solidarité énergétique en Europe ait de moins en moins de partisans. Peu nombreux sont les pays qui appuient l’idée de la Commission européenne de créer des ? groupes de pays ? qui, en cas de crise d’approvisionnement en gaz, coopéreraient entre eux au niveau régional. La France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et l’Autriche se déclarent défavorables ? la création de groupes régionaux qui s’organiseraient en mutuelle en cas de crise gazière. Bien que les ministres européens en charge de l’énergie aient donné leur accord pour que la Commission européenne vérifie les accords gaziers intergouvernementaux ex-ante, la plupart des Etatsmembres s’opposent ? ce que la Commission contrôle aussi les accords commerciaux signés entre les entreprises de l’UE et celles des pays fournisseurs de gaz, arguant qu’il s’agirait d’une atteinte au secret commercial.
- Lors de sa visite ? Copenhague, le Président polonais, M. Andrzej Duda, s’est entretenu avec le Premier Ministre danois, M. Lars Rasmussen, sur le projet de construction du gazoduc Baltic Pipe qui doit relier la Pologne au Danemark et ensuite aux gisements norvégiens. Le Président Duda attend que l’étude de faisabilité du projet soit présentée d’ici la fin de l’année et le Premier Ministre danois déclare que la décision finale sur la réalisation de Baltic Pipe dépendra des résultats cette étude.
- Le partenaire slovaque de la société Gaz-System, gestionnaire du réseau national de transport de gaz, a annoncé la poursuite des travaux préparatoires sur la construction de l’interconnecteur polono-slovaque. Son coût est estimé ? 530 M EUR. Les deux partenaires envisagent de déposer en automne de cette année une demande de soutien financier par Bruxelles, dans le cadre du programme CEF. Par ailleurs, l’opérateur ukrainien Ukrtranshaz, a annoncé que la construction de l’interconnecteur gazier entre la Pologne et l’Ukraine commencerait en 2017.
- La première livraison commerciale de GNL au terminal de Swinoujscie, dans le cadre du contrat avec Qatargas, a eu lieu le vendredi, 16 juin 2016. Les 206 000 m3 de GNL ont été livrés par le méthanier ? Al-Nuaman ?. La seconde livraison dans ce cadre est attendue en juillet et les suivantes tous les mois ? partir de septembre.
Nucléaire
- La Direction Générale de la Protection de l’Environnement a délivré ? la société PGE EJ1, en charge du projet nucléaire, la décision sur l’étendue de l’étude environnementale pour 2 localisations potentielles de la future centrale nucléaire : Lubiatowo-Kopalino et Zarnowiec.
- Le Ministère de l’énergie travaille sur l’évaluation du programme nucléaire polonais et pense présenter d’ici fin juin le compte-rendu de sa réalisation. Il estime que des modifications du programme seront nécessaires afin qu’il soit basé sur les principes techniques, organisationnels et financiers les plus efficaces possibles. Par ailleurs, le Ministre Tchórzewski a déclaré que le montage financier de la construction de centrales nucléaires basé sur le mécanisme de ? contrats de différences ? lui semblait économiquement inacceptable.
Source : Service Économique Régional