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Le crédit du Gouverneur de la banque centrale pourrait souffrir des conséquences du scandale
<p style="text-align: justify;">Le crédit du Gouverneur de la banque centrale pourrait souffrir des conséquences du scandale qui a éclaté suite aux révélations que l’hebdomadaire Wprost (de tendance libérale) a faites sur une conversation privée enregistrée en juillet 2013 avec le ministre de l’intérieur, M. Sienkiewicz.</p>
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Lors de cet entretien, M. Belka aurait d’une part promis la mise en place de mesures de politique monétaire non-conventionnelles (programme d’achat de titres d’Etat) afin de stimuler la croissance et de faciliter la réélection de la coalition au pouvoir, dirigée par Donald Tusk, qui était ? l’époque au plus bas dans les sondages face au PIS, parti de l'opposition conservatrice. En contrepartie, M. Belka aurait obtenu la démission du ministre des finances, Jan Rostowski, l’un des poids lourds de la coalition, et son remplacement par un ministre technique. Cette démission a effectivement eu lieu en novembre 2013, M. Rostowski ayant été remplacé par M. Szczurek, ministre technicien, mais qui pèse beaucoup moins que son prédécesseur, notamment dans les relations avec la Banque centrale. Compte tenu du fait que l’indépendance de la Banque centrale est garantie par la Constitution, certains observateurs arguent que M. Belka a porté atteinte ? cette indépendance, en acceptant les instructions du ministre de l’intérieur et notamment en s’engageant sur un programme d’achat de titres d’Etat, susceptible de compromettre la principale mission de la Banque centrale, ? savoir la lutte contre l’inflation. Sur la forme, M. Belka a par ailleurs eu des remarques dépréciatives pour certains membres du Conseil de la Politique Monétaire (MPC). Il a d’ailleurs tenu ? présenter ses excuses aux membres du MPC. Le MPC a, via un communiqué laconique, salué la qualité de la coopération avec Marek Belka en rappelant toutefois "le caractère inacceptable de l’interférence du politique". En particulier, le MPC "regrette que les commentaires du Gouverneur, quoiqu’enregistrés illégalement, puissent donner l’impression que le Président du MPC, i.e. M. Belka, est subordonné au cycle électoral". On notera que le Premier ministre Donald Tusk est, ? un an des prochaines élections générales, intervenu lors d’une conférence de presse pour défendre M. Belka. Il a ainsi déclaré qu’indépendamment du caractère "odieux" de certains propos tenus lors de l’entretien entre le gouverneur de la Banque centrale et le ministre de l’Intérieur, les échanges, relatifs ? la coopération entre le gouvernement et la Banque centrale s’inscrivaient dans l’intérêt du pays, ? un moment où ce dernier subissait un "creux" conjoncturel particulièrement prononcé. La démission de M. Rostowski était en outre souhaitée par l’intéressé, que M. Tusk aurait instamment prié de revenir sur sa décision, déj? prise par l’ancien ministre des Finances en juillet 2013. Enfin, M. Tusk a rappelé que le projet de loi portant modification de la précédente loi sur la Banque centrale serait bien examiné le 17 juin en Conseil des ministres.
Source : Service Économique Régional