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La Commission Européenne a rendues publiques ses perspectives économiques d’automne
<p style="text-align: justify;">Dressant un portrait pondéré d’une économie européenne portée, dans l’ensemble, par des facteurs exogènes favorables – politique monétaire accommodante et dépréciation du taux de change effectif réel, faiblesse du prix des produits pétroliers et maintien d’une politique budgétaire relativement neutre en dépit des facteurs de reprise –, mais qui demeure confrontée à d’importantes vulnérabilités externes et peine à retrouver ses niveaux d’investissement d’avant-crise, la Commission prévoit pour l’exercice actuel des taux de croissance de respectivement 1,6 et 1,8% pour la zone euro et l’Union Européenne dans son ensemble (1,8 et 2,0% en 2016, 1,9 et 2,1% en 2017).</p>
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Prenant note des risques soulevés par le ralentissement des grandes économies émergentes, par les potentielles turbulences qu’entraînerait un relèvement des taux d’intérêts de la Fed, la Commission estime dès lors que la reprise des économies européennes demeure encore sujette ? de nombreuses réserves en rappelant qu’elle ne s’est, pour l’instant, que très graduellement reflétée sur le marché du travail, où la persistance d’un taux de chômage élevé pourrait, combiner ? la faiblesse de l’investissement, peser ? terme sur la croissance potentielle. La Commission note, enfin, que l’incidence de l’afflux de réfugiés devrait demeurer mineure pour les finances publiques tout en estimant qu’il pourrait, ? terme, aider ? rehausser de 0,2 ? 0,3 points le PIB potentiel des Etats-membres ? l’horizon 2020.

Portées, pour la plupart d’entre elles, par l’accélération du rythme d’absorption des fonds structurels européens ? quelques mois de la clôture des perspectives 2007-2013, les économies d’Europe centrale et balte devraient dans l’ensemble confirmer le redémarrage amorcé l’année dernière avec des taux de croissance moyens non-pondérés de 2,8%, 2,7% et 3,0% en 2015, 2016 et 2017, l’écart ? la moyenne devant quant ? lui se resserrer en passant de 0,66 point cette année ? 0,4 en 2017 (voir supra) tandis que l’écart de production (output gap) décrivant la variation entre PIB réel et PIB potentiel devrait quant ? lui se clôturer dans l’ensemble de la zone ? l’exception de la Slovaquie ? l’horizon 2017 (voir ci-contre).

Alors que la République tchèque, avec une croissance revue ? la hausse de 1,8 point ? 4,3% pour 2015 (voir ci-contre), devrait pouvoir contrebalancer l’atonie de la demande externe par une accélération de l’investissement (la croissance de la FBCF est conjecturée ? 7,6% en 2015 avant de ressortir ? l’équilibre en 2016) tirée par l’absorption des fonds européens, la Pologne – pour laquelle les prévisions demeurent sujettes ? l’orientation de la politique économique du nouveau gouvernement conservateur – devrait, quant ? elle, bénéficier de la profondeur de son marché intérieur, qui servira de moteur ? la consommation comme ? l’investissement (la hausse de la FBCF est anticipée ? respectivement 6,5 et 5,5% en 2015 et 2016).

La Hongrie, où le ralentissement du rythme d’absorption des fonds européens, les difficultés du secteur agricole et les potentielles répercussions du scandale touchant les constructeurs du groupe Volkswagen sont cités parmi les principaux facteurs de risque, devrait néanmoins bénéficier d’une consommation encouragée par les baisses d’impôts et la conversion des crédits hypothécaires en francs suisses, le secteur externe, parmi les plus dynamiques de la zone, devant en outre apporter une contribution positive (0,9 point en 2015, 1,4 en 2016) ? des taux de croissance conjecturés ? respectivement 2,9 et 2,2% cette année et au cours du prochain exercice. La croissance reposera, en revanche, exclusivement sur le marché intérieur en Slovaquie (taux de croissance de 3,2%, 2,9% et 3,2% en 2015, 2016 et 2017), où la Commission prend note des éventuelles répercussions de l’investissement de Jaguar Land Rover (groupe Tata) sur la croissance au cours des deux prochaines années. La faiblesse de l’investissement (la FBCF ne progresserait que de 1,9% en 2015 avant de se contracter de 1,8% l’année prochaine) constituera, en revanche, l’une des principales entraves ? la croissance en Slovénie, où se poursuit, quoiqu’? un rythme en décélération, le processus de désendettement des agents économiques, le secteur externe jouissant, en revanche, de gains de productivité qui lui permettront d’apporter des contributions de respectivement 0,9 et 0,7 points ? des croissances de 2,6 et 1,9% en 2015 et 2016.
Toujours obérée par les difficultés des économies russe et finlandaise (la Finlande connaîtra, en 2015, un taux de croissance de seulement 0,3% – 0,7% en 2016 –, soit le plus faible des 28 après la Grèce), les trois Etats baltes, où la Commission note en outre les problèmes croissants de pénurie de main d’oeuvre, devraient afficher, cette année, des taux de croissance de compris de respectivement 1,7%, 1,9% et 2,4% pour la Lituanie (- 1,1 point), l’Estonie (- 0,4 point) et la Lettonie (+ 0,1 point) nettement en-deç? des niveaux d’avant-crise avant d’accélérer légèrement au cours des prochaines années. Les conséquences des contremesures russes ont néanmoins pesé de façon différencié sur les trois Etats baltes, la contribution du secteur externe, positive en Estonie (+ 0,6 point) et neutre en Lettonie (- 0,1 point) cette année, étant en revanche apparue très négative en Lituanie (- 3,5 point), où les tentatives de diversification des exportations n’ont pas rencontré un succès comparable (voir ci-contre).

Source : Service Économique Régional