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La Commission Européenne a publié ses perspectives économiques quadrimestrielles pour l’ensemble de l’Union Européenne
<p style="text-align: justify;">Rehaussant de 0,2 point à respectivement 1,3 et 1,7% ses prévisions de croissance pour la zone euro et l’Union Européenne en 2015, elle prend note, dans son document, d’une combinaison de facteurs endogènes – mise en place du plan européen d’investissement, assouplissement quantitatif en zone euro – et exogènes – chute du prix des produits pétroliers –, qui devraient selon elle faire contrepoids aux incertitudes résultant de la situation géopolitique, mais également de la reprise différée de l’investissement.</p>
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L’Europe centrale et balte, au sein de laquelle les disparités semblent s’être réduites, devrait demeurer au coeur de la reprise européenne avec une croissance moyenne conjecturée ? 2,6% – 2,9% après pondération par la population – en 2015 (voir ci-contre) ; elle bénéficierait selon la Commission du dynamisme d’une demande intérieure reposant tant sur la consommation que sur l’investissement, qui continue dans la plupart des pays de la zone ? bénéficier d’un taux d’absorption élevé des fonds européens. Après avoir favorablement surpris par une croissance de 3,3% supérieure de 0,3 point ? celle prédite par les dernières prévisions, la Pologne devrait demeurer l’économie la plus dynamique des PECB avec une croissance réévaluée de 2,8 ? 3,2% cette année. Soutenue par un vaste marché intérieur (38 millions d’habitants) nourri par la hausse des salaires réels et la reprise du crédit bancaire, elle devrait s’appuyer, ? l’horizon de prévision, sur une demande interne entraînée aussi bien par la hausse de l’investissement (la FBCF progresserait de respectivement 5,9 et 6,3% en 2015 et 2016) que par la consommation des ménages (+ 3,1% en 2015) et des administrations publiques (+ 4,0%). La contribution de la composante externe devrait en revanche rester négative (- 0,5 point en 2015, - 0,3 point en 2016).
Portée l’an dernier par des facteurs ponctuels favorables (fonds européens, programme de refinancement des PME), la croissance devrait légèrement s’infléchir en Hongrie, où elle chuterait de 3,3 ? 2,4% en 2015. Le dynamisme de la consommation des ménages (+ 2,8% en 2015), encouragé par la hausse des salaires réels et la conversion d’une grande partie des encours de crédit en devises, devrait contrebalancer l’inflexion de l’investissement résultant de l’imminente clôture des perspectives financières 2007-2013 : la FBCF chuterait ainsi de 13,7% en 2014 ? 3,1% en 2015 et - 1,0% en 2016. La contribution des échanges extérieurs devrait quant ? elle rester positive en 2015 (+ 0,3 point). Si la demande intérieure en constitue également le principal moteur, la croissance n’en apparaît particulièrement équilibrée en République tchèque (2,3% en 2015 – contre 2,5% ? l’automne –, 2,6% en 2016) et en Slovaquie (2,5% en 2015, 3,2% en 2016), où la contribution de la composante externe devrait également, après un bref passage en territoire négatif, rester neutre (République tchèque), voire légèrement positive (Slovaquie). Obérée, malgré le dynamisme de l’investissement, par une consommation encore réprimée pour les ménages comme pour les APU, la Slovénie devrait néanmoins confirmer, avec une croissance prévue ? 1,8% en 2015, le dynamisme d’une reprise (+ 2,6%) ? laquelle a également participé le secteur externe. S’ils demeurent les plus exposés ? la détérioration de la conjoncture russe, les pays baltes ont néanmoins démontré, avec des croissances s’échelonnant de 1,9% (Estonie) ? 3,0% (Lituanie) en 2014, une certaine résilience qui devrait se confirmer grâce au dynamisme de leur marché intérieur. Portée par le dynamisme de l’investissement (la FBCF progresserait de 5,6% en 2015), la Lituanie afficherait selon la Commission un output gap légèrement positif depuis l’année dernière et devrait demeurer, avec une croissance de 3,0% en 2015, la plus dynamique des trois économies baltes malgré une composante externe négative (- 0,9 point). La croissance reposerait en revanche principalement sur la robustesse de la consommation en Estonie et en Lettonie, où l’investissement continue ? pâtir des incertitudes géopolitiques.