La Chambre
Compétitivité, industrie, énergie : les conclusions clés du débat de la CCIFP

Le débat a montré que l’Europe est aujourd’hui confrontée à la nécessité de concilier ambitions climatiques, compétitivité industrielle et sécurité...
Le débat a montré que l’Europe est aujourd’hui confrontée à la nécessité de concilier ambitions climatiques, compétitivité industrielle et sécurité économique. Les participants ont unanimement souligné que l’industrie demeure l’un des fondements de l’économie européenne, et que son avenir dépend de réglementations stables, de l’accès à l’énergie et du soutien à l’innovation.
Valery Gaucherand, Président de la CCIFP et de L’Oréal Pologne et Pays baltes, a rappelé que l’industrie joue un rôle majeur en Europe et que le secteur cosmétique constitue une source importante d’innovation. Il a souligné que des entreprises comme L’Oréal investissent en recherche et développement en Europe, mais que des changements réglementaires trop fréquents freinent le rythme de l’innovation. Comme il l’a précisé, les entreprises n’attendent pas une dérégulation à tout prix, mais des règles stables et prévisibles permettant de garantir la sécurité des produits tout en soutenant le développement.
Yann Barou, membre du conseil d’administration du groupe Somfy et vice-président chargé de l’expansion sur les marchés émergents, a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre uniforme des réglementations européennes sur l’ensemble du marché. Selon lui, la force de l’Europe dépend de l’application des mêmes règles à tous les acteurs. Il a également souligné que l’une des principales forces compétitives de l’Europe réside dans l’innovation dans le domaine de la construction durable, des maisons passives et des solutions d’efficacité énergétique.
Une large part des échanges a été consacrée aux relations franco-polonaises qui, comme l’ont souligné les participants, se trouvent actuellement dans une phase particulièrement favorable. Michał Baranowski, secrétaire d’État au ministère du Développement et de la Technologie, a estimé que c’était un moment idéal pour renforcer la coopération entre la Pologne et la France, le dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises fonctionnant efficacement, notamment grâce à l’engagement de la CCIFP.
Le débat a également mis en évidence la nécessité pour l’Europe de mieux répondre aux défis économiques mondiaux. Le ministre Baranowski a évoqué la problématique de la surproduction mondiale, l’afflux de marchandises en provenance de pays hors Union européenne — notamment via le phénomène des « petits colis » — ainsi que l’imprévisibilité croissante des partenaires commerciaux. Il a souligné que la politique climatique de l’UE ne doit pas conduire à une désindustrialisation et nécessite des ajustements.
La question de l’énergie a constitué un autre axe central. Joanna Czynsz-Piechowiak a posé la question de savoir comment « libérer l’énergie pour les entreprises », indiquant que sans une énergie abordable et stable, l’Europe ne pourra maintenir sa position industrielle. Elle a rappelé que l’industrie fonctionne sur des horizons de 10 à 15 ans, ce qui exige des décisions de long terme et des investissements dans les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie, mais aussi dans le nucléaire. Du point de vue des entreprises, les priorités restent la stabilité du système énergétique en Pologne et la prévisibilité réglementaire.
La transition énergétique a également été abordée par le député européen Adam Jarubas, qui a estimé que l’Europe et les États membres n’en font pas suffisamment dans ce domaine. Il a indiqué que le mix énergétique cible devrait reposer sur le nucléaire, les énergies renouvelables et le stockage de l’énergie. Il a également souligné que les États transfèrent trop souvent la responsabilité à l’Union européenne, alors que de nombreuses décisions relèvent des gouvernements nationaux et des dynamiques internes aux États membres.
Interrogé sur les avantages compétitifs de l’Europe, Michał Baranowski a mis en avant le marché unique, qu’il considère comme l’un des principaux atouts de l’Union. Il a insisté sur la nécessité non seulement de le protéger, mais aussi de le développer davantage.
L’ensemble des échanges a montré que la compétitivité européenne dépendra de plusieurs facteurs clés : des réglementations cohérentes, une industrie forte, des investissements dans l’énergie, un soutien à l’innovation ainsi qu’une coopération efficace entre les États et les entreprises. Dans ce contexte, les relations franco-polonaises ont été présentées comme un levier essentiel pour renforcer durablement l’économie européenne.








