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Derniers indicateurs macroeconomiques
<p style="text-align: justify;">Repris par le gouvernement, le rapport 2017 de fDi Intelligence fait état d’un fort accroissement des investissements directs en Pologne en 2016 (+75%) pour près de 10 Mds$ plaçant la Pologne au 5e rang des destinations d’investissement. La France serait la 2nde destination d’IDE avec 13 Mds$, en hausse de 54% par rapport à 2015, loin derrière les 34 Mds$ d’investissements au Royaume-Uni. La Hongrie affiche la plus forte croissance des investissements avec une hausse de 79% et un montant de 4,6 Mds$.</p>
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L'année dernière, la part de la Pologne dans le montant total de l'investissement étranger en Europe s’est accrue de 3 ? de 6%, soit ? un niveau deux fois supérieur ? la contribution de l’économie polonaise dans le PIB européen (3%). Notons que les statistiques de fDi Intelligence mandaté par le Financial Times prennent en compte uniquement des IDE qui créent de nouveaux emplois et de nouvelles capacités de production. Ainsi, on observera qu’? l’inverse les institutions nationales et internationales ont toutes relevé un recul (ou une stagnation) des investissements étrangers en 2016 : OCDE (-13,1%), Eurostat (+1,9% sur les IDE totaux et -23,5% sur les IDE hors instruments de créance) et NBP (0,83% sur les IDE totaux et -24,4% sur les IDE hors instruments de créance). Par ailleurs, l’investissement a chuté en 2016 entre 7,9% (Eurostat) et 8,5% en 2016 (GUS) et ce dans tous les secteurs ? l’exception du secteur manufacturier (+1,9%) et du commerce (+0,3%), tandis que l’atonie des importations (+0,9%) en 2016 illustre plutôt bien l’estompement des IDE entrants l’année dernière, ceux-ci étant souvent et logiquement accompagnés d’importations de biens d’équipement industriel.
Le rapport du Financial Times semble donc contredire la thèse suggérant que le ralentissement de l'investissement de l'année dernière résultait de l'incertitude croissante liée aux taxes, aux réglementations et aux mauvaises relations entre Varsovie et Bruxelles. En outre, il est fort logique qu’étant donné le long processus de prise de décision et de financement la stratégie d’une entreprise puisse être modifiée en raison d'incertitude politique. L'année dernière, les entreprises étrangères ont ainsi annoncé le lancement en Pologne de 272 projets d'investissement, soit 36% de plus qu'en 2015. La plus forte croissance de l'année a été enregistrée dans la construction (plus de 100%), le transport, l’entreposage et les projets logistiques (+60%) ainsi que de l’industrie manufacturière (+47%). Or, ? un horizon ? cinq ans, il semble que les projets de développement et d’investissement dans les sièges d'entreprise affichent la plus forte hausse, ce qui créerait une plus forte valeur ajoutée que les usines d’assemblage. Selon Grzegorz Maliszewski, économiste en chef de la banque Millennium, si le gouvernement polonais peut être satisfait du nouveau capital d'investissement, il doit garder ? l'esprit que les coûts de main-d'oeuvre demeurent encore le facteur principal d’attractivité des investissements étrangers.
Pour cette année, les prévisions pour la Pologne sont bonnes, principalement en raison de la reprise économique dans la zone euro, principal partenaire commercial de la Pologne, qui pourrait également être opportuniste pour accueillir certains établissements actuellement localisés au Royaume-Uni, en particulier certains services financiers. Enfin, les investissements chinois, attirés par le marché de consommateurs et la robustesse de la croissance, devraient de nouveau monter en régime. Toutefois, la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis ainsi que les tentatives de la Chine de limiter les sorties de capitaux pourraient avoir un impact négatif sur le climat des investissements au niveau mondial.
L'inflation se stabilise en avril ? un niveau de 2% en g.a. en avril. L'indice des prix ? la consommation a augmenté en avril de 2% en g.a. conformément au consensus du marché et au résultat du mois de mars. L'inflation en avril est stimulée par le fort renchérissement des carburants (+14,4% en g.a.), des denrées alimentaires (+3%.) et des services de culture et de loisirs (2,4%). En revanche, les prix de plusieurs catégories de biens et services ont évolué ? un rythme inférieur au taux moyen de mars (hôtellerie / restauration +1,8%, énergie +1,4%, services de santé +1,2%, télécommunications -0,7%, vêtements et chaussures -5,3%). D'après les estimations du ministère du Développement, le rythme de l'inflation ? un niveau de 2% en g.a. devrait être maintenu également au mois de mai.
L’inflation sous-jacente bondit en avril, d’après la Banque centrale (NBP). A 0,9% en g.a., l'inflation sous-jacente se situe en avril ? un niveau considérablement supérieur ? celui de mars (0,6%) et au consensus du marché qui était de +0,7%. L’inflation sous-jacente s’inscrit ? son plus haut niveau depuis juin 2014.
L'excédent commercial de la Pologne diminue fortement au 1er trimestre. D'après le bureau des statistiques GUS, la balance commerciale a été excédentaire de 366,5 M PLN (86 M€) au premier trimestre, soit un niveau inférieur de 77% par rapport au chiffre du 1er trimestre 2016. Les exportations polonaises ont, selon le Bureau des statistiques, augmenté au cours des trois premiers mois de 8,9 % en glissement annuel, tandis que les importations ont progressé ? un rythme plus rapide (12 % en g.a.). Le ministère du Développement indique que l'augmentation des échanges extérieurs enregistrés au 1er trimestre reflète la bonne conjoncture de l'économie polonaise et s'attend ? la poursuite de cette tendance positive dans les prochains mois. On notera que l'Allemagne demeure de loin le premier partenaire commercial de la Pologne ? l'importation (22,7% du total) qu'? l'exportation (27,5% du total). En ce qui concerne la France, elle était au 1er trimestre 2017 le 4ème client de la Pologne, avec une part de marché de 5,7 % (en diminution de 0,3 point par rapport au T1 2016) et le cinquième fournisseur avec une part de marché de 4 % (en diminution de 0,1 point).
Source : Service Économique Régional