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BREXIT
<p style="text-align: justify;">En ce jour de résultat du référendum sur le Brexit, les marchés financiers, bien qu'ayant anticipé un "Bremain" suite à l'assassinat de la députée Cox, corrigent fortement (Le 24 juin 2016: 11h30)</p>
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En milieu de journée, l'indice polonais, le WIG30, se contractait de 6,2% ? 1 936 points, l'indice hongrois, le BUX, de 3,4% ? 26 000 et l'indice tchèque, le PX, de 4,9% ? 810. Enfin l'indice européen de référence, l'Eurostoxx 50, était en forte baisse de 7,8% ? 2 796 points.
Monnaies satellites de l'euro au sein de l'UE, le zloty, le forint et la couronne tchèque se sont nettement dépréciées en début de journée, les acteurs financiers réduisant leur exposition dans ces devises afin de renforcer leurs positions dans des monnaies refuges telles que le franc suisse. Les Banques centrales pourraient également, unilatéralement ou de manière concertée, intervenir en fournissant de la liquidité, ou sous la forme de swaps de devises. En outre, le "flight to safety" concerne naturellement les rendements des obligations souveraines. Réservés sur l'avenir de l'Europe, les investisseurs privilégient les obligations souveraines allemandes au détriment des titres polonais ? 10 ans (dont le rendement se tend de +25 pb ? 3,25%), et hongrois ? 10 ans (de +30 bp ? 3,50%), l’écart avec le bund se creusant de quelque 50 bp. En revanche, le marché des obligations d’Etat tchèques a davantage été corrélé avec celui des titres d’Etat allemands.
Durant les semaines ? venir (en tenant compte aussi du résultat des élections législatives espagnoles), on verra sans doute aussi les premières démarches dans les négociations préliminaires au sujet d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE. Un sommet de deux jours des dirigeants de l'UE ? partir du 28 juin devrait apporter des éléments plus précis sur l'approche des Etats européens face ? la décision du Royaume-Uni. Il faudra suivre de près l'évolution politique au Royaume-Uni, y compris des annonces formelles (ou indications sur le calendrier) d'un souhait de sortir de l'UE (invocation de l'article 50 du Traité de Lisbonne). David Cameron a annoncé qu’il se retirerait d’ici trois mois, une fois la situation stabilisée. Dans un communiqué commun, le Président du Conseil européen Donald Tusk, le Président du Parlement européen Martin Schulz, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont déclaré ? regretter mais respecter ? cette décision du peuple britannique et souhaiter que le processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE soit mis en œuvre ? dès que possible ?.
Deux questions restent toujours en suspens : le Brexit enclenchera-t-il un effet domino parmi les peuples européens ? A l'heure d'une reprise économique dans l'UE, les économies de l'Union seront-elles suffisamment résilientes pour faire face ? une nouvelle crise ? L'onde de choc du Brexit renforce pour le gouvernement polonais la nécessité de trouver une issue viable concernant les encours de prêts contractés par les ménages en francs suisses, lequel a repris son statut de valeur refuge en s'appréciant mécaniquement vis-? -vis de l’euro et du zloty. Le Président Andrzej Duda et le ministre des Finances Piotr Nowak ont annoncé travailler sur le sujet avec sérénité et détermination.
Le Ministre des Affaires étrangères polonais, Witold Waszczykowski, a vu dans le Brexit une ? mauvaise nouvelle ? pour les 850 000 Polonais qui vivent et travaillent en Grande-Bretagne, tout en faisant part de son souhait de voir la Grande-Bretagne rester un ? partenaire important ? de la Pologne. Dans la zone couverte par le SER, les réactions politiques témoignent d’une volonté de réorienter la politique de l’Union européenne. Beata Szydlo, présidente du Conseil des ministres polonais, a appelé ? construire une union ? forte ? autour de ? nations souveraines ?. Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a appelé ? un changement des politiques économique et migratoire, le ministre des Finances Peter Kazimir ne voyant ? aucune raison de paniquer ?. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a souligné l’importance de la question migratoire dans le vote des Britanniques qui ? ont voulu préserver leur île ?. Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, considère que ce n’est ? ni la fin du monde ni la fin de l’Union européenne ?, laquelle reste pour son pays ? la meilleure garantie possible de stabilité, de paix et de prospérité ?.
Du côté des banques centrales, la NBP, en Pologne, a déclaré surveiller la situation avec la plus grande vigilance, considérant cependant que l’économie polonaise bénéficie de ? fondements macroéconomiques solides ? mais a exclu ? ce stade des interventions de change (cf. les déclarations de G. Anczyparowicz, membre du MPC de la NBP). Surveillant les marchés financiers, la BCE a déclaré se tenir prête ? octroyer des liquidités supplémentaires aux banques si cela s’avérait nécessaire. La Banque nationale suisse (BNS), au milieu de la matinée, est intervenue sur le marché des changes pour défendre le franc suisse contre des attaques spéculatives et permettre ? sa monnaie de retrouver un niveau supérieur ? 1,08 EUR/CHF.
Source : Service Économique Régional