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26 000 invités du monde entier ont participé à la COP24 tenue à Katowice

<p style="text-align: justify;">A la veille de la conférence les présidents de France, d’Allemagne, du Maroc et de Pérou ont appelé à des actions plus fermes en faveur de la protection du climat en soulignant que les émissions de CO2 avaient augmenté en 2017 après trois ans de stabilisation.</p>

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Les médias polonais et mondiaux ont reproché ?  la Pologne que la COP24 était organisée dans le bassin houiller de Haute-Silésie, que pendant que les intervenants ?  Katowice parlaient du besoin de développer l’énergie verte, la Pologne continuait ?  soutenir le secteur minier et pensait éliminer de son mix 2040 les sources ENR les moins chères, telles que les éoliennes terrestres. De plus, elle a choisi pour partenaires de la COP des sociétés charbonnières. M. Michał Kurtyka, Président polonais de la COP24, a rappelé lors de l’inauguration de la conférence qu’elle devrait permettre de définir des règles précises d'application de l'Accord de Paris devant succéder au Protocole de Kyoto en 2020. L'objectif affiché par l'Accord de Paris est de réduire le recours aux énergies fossiles et les émissions de gaz ?  effet de serre pour contenir la hausse des températures au-dessous de 2 ?C par rapport aux niveaux préindustriels. Selon Mme Patricia Espinosa, responsable climat de l'ONU, les impacts du dérèglement climatique n'ont jamais été aussi graves et doivent pousser la communauté internationale ?  faire beaucoup plus pour le combattre.

Lors de l’inauguration de la COP 24, le Président polonais a présenté la position polonaise en matière climatique. Il a déclaré que le charbon était une ressource stratégique pour la Pologne et que son utilisation ne serait pas abandonnée, car il garantissait la souveraineté énergétique du pays. De plus, pour limiter les émissions de CO2 il a évoqué la reforestation comme moyen modèle d’absorption de CO2. Le Président a aussi parlé du projet polonais de la déclaration sur la  ? transformation juste et solidaire ? présentant le passage d’une économie basée sur le charbon vers  une économie basée sur les ENR tout en tenant compte de la nécessité de protéger des emplois et de maintenir le progrès économique. Les représentants de 45 pays présents au sommet de la COP 24 ont adopté la Déclaration de Silésie pour la solidarité et la transition juste déclaration, (Solidarity and Just Transition Silesia Declaration).

Pendant le sommet  ? Villes du Climat  ? qui a accompagné la COP24, 23 villes polonaises ont adhéré ?  la plate-forme NAZCA (Non-State Actor Zone for Climate Action). Ces villes sont Będzin, Radlin, Tarnowskie Góry, Jarosławiec, Siemianowice Śl?skie, Tomaszów Mazowiecki, L?dek Zdrój, Skawina, Ustroń, Legnica, Sławków, Wałbrzych, Lidzbark Warmiński, Sosnowiec, Zabrze, Piastów, Stalowa Wola, Żywiec, Pyskowice et Szamotuły. NAZCA compte déj?  9400 villes, 125 régions, 2500 entreprises, 350 institutions financières et plus de 100 ONG du monde entier.

La journée du 4 décembre a été consacrée ?  l’électromobilité. Le président de la COP24, M. Kurtyka, a présenté la déclaration polono-britannique  ? Driving Change Together – Katowice Partnership for Electromobility  ?. Elle prévoit la création d’un réseau de partenariats entre les villes, les régions, les pays et aussi les ONG en vue d’échange d’expériences dans le domaine de l’électromobilité. Plus de 40 pays de cinq continents, dont l’Inde et la Chine, 1500 villes et régions, 1200 sociétés du monde entier ont adhéré ?  cette initiative et le soutien ?  la déclaration a été exprimé par de nombreuses institutions et ONG. La Pologne, en commun avec la Banque Mondiale, a annoncé la création d’un Fonds Electromobilité qui financera la mise en place des partenariats au niveau local, entre les villes et les régions. La Pologne s’est engagée ?  contribuer ?  ce Fonds ?  hauteur de 2 M USD.

Lors de la première semaine de la COP24 les participants ont discuté de la transformation du secteur énergétique polonais, de l’efficacité énergétique, du rôle des forêts et de l’importance du nucléaire dans la réduction des émissions de CO2 et du rapport de Global Carbon Project sur l’augmentation des émissions en 2018. Dans le pavillon polonais  ? Une journée urbaine  ? a été organisée, pendant laquelle la discussion a porté sur la réalisation du projet présenté par la ville de Katowice  ? Black to Green  ? Il s’agit de la transformation d’une ville industrielle en métropole moderne en tenant compte des exigences climatiques et environnementales.

Une vingtaine de sociétés polonaises (filiales des groupes étrangers, sociétés et PME locales) ont reçu les prix décernés par UN Global Compact Poland pour leur contribution au développement durable (Business Award for Architects of Development). Parmi elles le groupe chimique Azoty, le pétrolier Lotos, 3M Polska, la banque BGŻ PNB Paribas, L’Oréal Polska, Ikea, Philips Healthcare, Suez Polska, Siemens Polska, Velux, BASF Polska, Volvo Poland et Skanska Commercial.

Les représentants d’une douzaine de villes polonaises, ont lancé la déclaration  ? Solidarité pour le Climat  ?, dans laquelle ils se sont engagés ?  la réalisation d’actions concrètes en vue de la protection du climat, du développement durable et de l’amélioration de la qualité de vie des habitants. L’idée de cette déclaration est née dans le Réseau des Villes Progressives – partenaire polonais de l’initiative britannique UK100 pour la coopération interurbaine dans la réalisation des politiques climatiques et énergétiques locales. Le Réseau des Villes Progressives est composé de 17 villes suivantes : Cieszyn, D?browa Górnicza, Gorlice, Iława, Mielno, Namysłów, Ostrów Wielkopolski, Sejny, Sławków, Słupsk, Starachowice, Świdnica, Wadowice, D?bie, Krosno, Opoczno et le quartier Bielany de Varsovie.

Le 9 décembre une rencontre de l’Union Interparlementaire réunissant environ 200 parlementaires de plus de 40 pays s’est tenue ?  Cracovie, comme événement en marge de la COP24 de Katowice. A l’issue de cette rencontre l’Union a adopté une résolution dans laquelle elle avait appelé ?  augmenter les fonds destinés ?  financer les technologies favorables au climat et les investissements en R&D dans ce domaine. Les parlementaires ont aussi souligné l’insuffisance des efforts entrepris en vue de lutter contre le réchauffement climatique et ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences néfastes de ce réchauffement pour le développement, le bien-être et la paix.

Le Ministre des Investissements et du Développement, M. Kwieciński, a annoncé ?  la COP24 que la Pologne allait rejoindre l’initiative de l’ONU – UN Global Compact afin de coopérer avec les autres membres de cette initiative dans la lutte contre le changement climatique et dans la réalisation des objectifs du développement durable de l’ONU.

Le Ministre polonais de l’Environnement a affirmé lors de la COP24 que la Pologne était en cours de transformer son économie depuis presque 30 ans et au cours des prochaines années ses résultats seraient plus visibles dans le contexte de la protection du climat. Investissements dans les ENR, amélioration de l’efficacité énergétique, lutte contre le smog, mise en application du programme de biodiversité et reforestations en sont les piliers.

Le mercredi, 12 décembre la Pologne a présenté la déclaration  ? Forêts pour le climat  ? dans laquelle elle appelle les pays ?  agir en vue d’utiliser les forêts pour la réduction des émissions de CO2. 60 pays ont déj?  adopté cette déclaration et neuf autres ont refusé de la signer. Selon les écologistes de Greenpeace ce document n’est pas très clair et pourrait servir d’excuse aux pays dépendants des ressources fossiles, tandis que les forêts n’absorberont jamais la majorité des émissions qui en proviennent.

Les écologistes de CAN (Climate Action Network) ont décerné ?  la Pologne l’anti-prix  ? Fossile  ?. Selon les écologistes la Pologne, au lieu de montrer ses ambitions et son engagement dans les négociations de la COP24, a préféré promouvoir le charbon. Ils lui ont également dénoncé les sponsors (les énergéticiens dont l’activité est essentiellement basée sur les ressources fossiles).

La COP24 s’est terminée le 15 décembre, tard dans la soirée. Elle a permis aux délégués d’adopter le  ? Paquet de Katowice  ? qui est une feuille de route pour la réalisation de l’Accord de Paris de 2015. La communauté internationale a doté cet Accord des outils qui lui donneront vie, mais sans s'engager ?  faire davantage et plus vite contre le réchauffement climatique malgré l'urgence et les catastrophes dont la fréquence augmente. Certains pays et groupes de défenseurs de l'environnement ont critiqué le résultat de la COP24 en estimant qu'elle aurait dû appeler ?  des réductions d'émissions plus ambitieuses pour freiner la hausse des températures. L’ancien président de la COP21, M. Laurent Fabius, a dit que "la lutte contre le changement climatique ne va ni assez vite ni assez loin". Après des négociations prolongées, les délégués ont réussi ?  surmonter une partie de leurs divisions pour produire un règlement de 156 pages qui détaille la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Il comprend une section sur la manière dont les pays rendront compte de leurs engagements en matière de réduction de gaz ?  effet de serre. Les règles d'application précisent comment compter les émissions, et ce ?  partir de 2024. Elles prévoient que les pays soumettent ?  l'évaluation d'experts tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions, sans toutefois courir le risque d’éventuelles sanctions. Une flexibilité est accordée aux pays les moins développés et aux Etats insulaires en fonction de leurs capacités. Tous les cinq ans ?  partir de 2023, les pays feront le "bilan mondial" de leurs efforts collectifs. Le secrétaire général de l'ONU, M. Antonio Guterres, qui a quitté les travaux jeudi 13, a souligné que "l'ambition doit guider tous les États membres dans la préparation de leurs projets de réduction des émissions pour 2020 afin d'inverser la tendance actuelle, selon laquelle le changement climatique continue ?  aller plus vite que nous". Un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) commandé par l'ONU en octobre avertit que, pour maintenir la hausse de la température de la Terre ?  1,5 ?C, il faudra "des changements sans précédent" dans tous les domaines.

Source : Service Économique Régional

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